Quelques articles de presse...

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David CASSAN à ARGENTAN


Beau concert de musiques baroques sur in instrument approprié. Un Festival initié par Erwan LE PRADO.
Voir Presse locale (l'interview entre guillemets "sa passion de l'orgue" est d' Alain Gergaud, sur RCF Calvados-Manche)
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L'orgue jubilatoire de David CASSAN


Concert Orgue et Cinéma du vendredi 13 mai 2011 : La Passion de Jeanne d'Arc, improvisations sur le film muet de C.T. Dreyer (1928)
Eglise Saint Jean-Caen

Un chef d'œuvre du cinéma muet français, un jeune concertiste imaginatif et nous voilà transporté au cœur de  l'émotion et du talent. Le public, de l'église Saint Jean de Caen, a vécu un moment de grâce dans une écoute et un regard jubilatoire.
Le film la Passion de Jeanne d'Arc de Carl Theodor Dreyer, tourné en 1928, a une puissance artistique intemporelle avec des images, des plans, des contrastes, des visages, des expressivités d'une puissance bouleversante.
Le jeune organiste nous émeut aux larmes par son jeu, son implication totale, presque sensuelle, débordante de générosité, d'inventions, de précisions. Une heure trente de pure magie des sons, des couleurs, pour un film en noir et blanc. L'orgue s'exprime dans la totalité de sa richesse harmonique. Il se place pleinement acteur du film aux cotés d'une  Maria Falconetti éblouissante dans le rôle de Jeanne d'Arc. 
David Cassan, au regard de ses 22 ans, fait preuve d'une maturité étonnante dans son interprétation. Il est admirable de sobriété et de retenue dans cet exercice difficile de l'improvisation. Son charisme est évident et opère sur le public une alchimie bienfaitrice. En final éclate la force et la profondeur d'une œuvre commune entre la musique et l'image. C'est un superbe crescendo  qui se termine dans l'apothéose d'un J.S. Bach fulgurant de beauté.
David Cassan s'inscrit, avec sa personnalité, dans la lignée des grands comme Pierre Cochereau et de l'un de ses Maitres Pierre Pincemaille. A suivre assurément !

Alain Gergaud  ( 14 mai 2011)

Un Rossini bien agréable !

Spectacle du mardi 18 décembre 07

La nouvelle production (Caen-Lille) de l'Italienne à Alger de Rossini offre une soirée bien agréable.
La mise en scène de Sandrine Anglade occupe tout le plateau et a le mérite de dérouler l'action, crescendo, sans temps mort. L'orchestre de Caen se place sous la direction précise et incisive de Nicolas Chalvin. À remarquer les excellents solos de cors et la belle prestation du flûtiste, Yvon Quénéa. Les lumières de Eric Blosse sont en harmonie avec la mise en scène ainsi que les décors et costumes, simples et efficaces, de Claude Chestier, professionnels chevronnés. Les chœurs de l'opéra de Lille sont irréprochables. Distribution internationale dominée par un remarquable Jonathan Veira, en Mustafà hilarant, grande voix et artiste complet. À saluer aussi, la contralto, Allyson Mchardy, Isabella, qui honore généreusement son rôle. Le reste de la distribution est de haute tenue avec Jean-Luc Ballestra, Riccardo Novaro, basses et comédiens convaincants. Bernada Bobro, soprano en Elvira et sa servante, Zulma, incarnée par la mezzo-soprano Svetlana Lifar, ne déméritent pas. Lindoro, ténor, campé par Nicolas Phan, amoureux d'Isabella, a le physique du jeune premier. Attention à ne pas trop forcer la voix! (on n'est pas dans Werther). Jeunesse! Elle s'épanouira dans les aigus, avec souplesse, quand elle sera véritablement placée. Alors, une grande carrière s'ouvrira pour ce ténor au timbre superbe, (Mozart, Donizetti).
Une turquerie joyeusement jouée et interprétée dans l'harmonie d'une bonne équipe.
Ce soir et samedi, 20 heures, théâtre de Caen.

Alain Gergaud, Ouest-France; 18.12.07

Le Requiem de la Renaissance...

Concert du jeudi 29 novembre

Le public des grands soirs a investi, jeudi, la salle de la Renaissance à Mondeville. Mozart nous invitait à une célébration. Son Requiem figure parmi les plus belles œuvres de toute la musique.

Un chef-d'œuvre composé dans la douleur de la mort qui rode. Requiem inachevé ? Le génie de Wolgang a guidé miraculeusement son écriture finale. L'œuvre rayonne, triste, non ! Profonde, comme une sorte de passeport pour passer dans un autre monde : le requiem de la renaissance. Véritable "hymne à la joie", comme l'hosanna du Santus qui s'oppose à la révolte de la mort. Une musique sublime qui tire les larmes. Le public vit cette émotion dans un recueillement exceptionnel, s'associant à la douleur des musiciens de l'Ensemble qui viennent de perdre leur altiste, Véronique Talbot. Ce concert lui est dédié.
Dominique Debart, dirige chœur, solistes et orchestre avec une précision exemplaire. Cornelia Oncioiu entonne le premier air, une voix de grande Mezzo. Hye Youn Lee, soprano, est complètement envoûtée par son rôle. Jason Bridges, a la tessiture des ténors mozartiens, mais, légèrement en retrait. Michel Piquemal, basse, inspiré comme son ensemble vocal qui s'implique totalement avec un pupitre de ténors de rêve.

Trop souvent entendue avec des effectifs imposants, l'interprétation de jeudi et vendredi (à guichets fermés) en formation Mozart, s'impose comme une référence.

Alain Gergaud, Ouest-France 30.11.07

Astrée, une musique flamboyante !

Concert, N.D. de la Gloriette du 12 décembre 07

Notre Dame de la Gloriette affichait complet, mercredi dernier, pour Le concert d'Astrée. Le programme proposait deux œuvres jubilatoires s'inscrivant bien dans le temps de noël.
Handel à 22 ans quand il compose son Dixit Dominus. On y trouve la verve d'une musique flamboyante admirablement interprétée par Le concert d'Astrée. Le contre ténor, Tim Mead, a la voix puissante et fruitée qui s'épanouit dans un admirable dialogue avec le clavecin et le violoncelle. L'ensemble des solistes est à pleins poumons et à gorges déployées. La précision de l'interprétation de l'orchestre donne au baroque un bain de jouvence. Emmanuelle Haïm dirige en dansant devant le pupitre. Sa chorégraphie nous séduit car elle insuffle une envie de se dépasser. Rigueur, tempo vivifiant, beauté des nuances : exaltant!
Le Magnificat en ré majeur, bwv 243 de Bach nous régale d'une version personnelle. Le son du hautbois ancien enchante, particulièrement dans l'alliance avec la voix de cristal de la soprano. La douceur et la hardiesse des deux flûtes, avec le contre ténor, sont un moment de bonheur. Amy Freston, salomé Haller, sopranos avec la basse Robert Gleadow forment la distribution de rêve dans une parfaite homogénéité avec le ténor Andrew Kennedy qui ne démérite sûrement pas, (quinte de toux inattendue en fin de Magnificat). Bravo au ténor du chœur qui assura aussitôt la relève.
Le concert d'Astrée dépoussière et décoiffe le paysage musical.

Alain Gergaud, Ouest-France 13.12.07

William Christie ressuscite la Création de Haydn

Concert du 1 er décembre 2007

Une interprétation magistralement donnée, samedi au théâtre de Caen dans une salle comble, enthousiaste, unanime. Sans aucun doute cette recréation de Haydn fera date.

William Christie respire le bonheur dans une direction sautillante de joie et de précision. Jamais Haydn n'a été aussi bien servi par cette interprétation personnelle, originale et inspirée. On se dégage complètement de la vison où l'homme est presque le vassal de Dieu pour une vision libératrice par les lumières de l'Eternel, la création par l'espérance et la beauté. Christie s'imprègne magnifiquement de l'état d'esprit du chef-d'œuvre de Haydn. Cette œuvre tardive (Haydn a 65 ans) ruisselle de splendeur et de fraîcheur avec les Arts Florissants. Une musique prémonitoire où avec Mozart le classicisme est transcendé, trait d'union entre la fin de l'ère baroque et les prémices du romantisme.
Au début du concert la musique devient le premier souffle mystique réparant le bruit de fond du néant par l'émergence de la vie. Chapeau William !

Les trois solistes (S. Karthäser, S. Davislim, D. Henschel) ont des voix superbes et proposent une interprétation de rêve. Orchestre et chœur atteignent des sommets d'intelligence, de nuances et de couleurs étincelantes.
Pour garder cette soirée exceptionnelle en mémoire, parution en coffret 2 cd chez Virgin Classics : Indispensable !

Alain Gergaud Ouest-France 02.12.07

Gustav Léonhard, l'orfèvre aux multiples talents !

Concert du samedi 24 novembre 2007

Le théâtre de Caen affiche complet, samedi soir. Les passionnés de musique ancienne accueillent G. Léonhardt, à la fois musicologue, Professeur, organiste, claveciniste, chef d'orchestre et même acteur, dans le rôle de Bach, le temps d'un film. L'homme aux 180 disques se forge une réputation internationale dans le renouveau de la musique ancienne sur instruments d'époque.
On écoute un J.-S. Bach inhabituel avec trois cantates profanes de 1726 commandées au compositeur par Gottfried Zimmermann pour être jouées dans son célèbre café de Leipzig. Un lieu d'émulation artistique qui perpétue toujours sa réputation dans la ville du cantor.
La cantate bww 30a permet à la flûte un jeu doux et subtil. Il y a de belles surprises avec des harmonies fraîches et pétillantes. La cantate bww 207 offre une partie superbe au violoncelle avec le surprenant dialogue entre les trompettes, les cordes et le hautbois. Olivier Scheneebeli peut être fier des chantres du centre de musique baroque de Versailles. Si les trois trompettes de l'ensemble café Zimmmermann écorchent nos oreilles en début de concert (bw31) elles se rattrapent, heureusement, par la suite. Monika Frimmer, soprano, manque de souplesse mais, Stephan Macleod, basse (assurant la partie de Robin Blaze, souffrant) et le ténor Charles Daniels sont au diapason de Léonhardt avec le clavecin remarquable de Céline Frisch. Une soirée agréable, inégale !


Alain Gergaud, Ouest-France, le 25 novembre 2007

El Bacha, le pianiste du bonheur !


Dans un auditorium complet, le concert de samedi soir commence par une oeuvre peu connue de Mendelssohn. Grands états d'âme, du compositeur, dans l'ouverture en ré majeur, op. 27. D'entrée de jeu, l'orchestre, sous la direction de Mark Foster, est superbe. Diapason d'or pour toute la soirée à l'orchestre de Caen. Depuis plusieurs années, grâce à un travail en profondeur, la qualité se confirme par une prestation remarquable, de haut niveau, sans faille. Belles couleurs, unité des pupitres, son rond et énergique digne des meilleurs symphoniques. La symphonie n° 4 de Schumann ne démentira pas ce concert de grande qualité.
Abdel Rahman El Bacha, seul, égrène les premières notes du concerto pour piano n° 4 de Beethoven. L'orchestre communie totalement à la vision que le grand pianiste se fait de l'œuvre. Le son d'El Bacha n'appartient qu'à lui. On oublie sa technique prodigieuse parce qu'elle est sublimée par un toucher qui parcourt le clavier comme une étoile de l'opéra se joue de la pesanteur. Une douceur sereine nous envahit. Le chef, l'orchestre, le soliste ne font qu'un. On navigue dans le merveilleux. El Bacha, c'est unique. Émotion, limpidité, affirmation d'un jeu puissant, admirable maîtrise du pédalier… Le public ne s'y trompe pas en réclamant deux bis. Quelques-uns pourraient préférer une interprétation différente? Ils ont le droit. Ce samedi, pourtant, la salle ovationne un moment exceptionnel où le talent se fait serviteur. Un Bonheur !

Alain Gergaud, Ouest-France

Ne tirez pas sur le pianiste !


Vainqueur du grand prix européen de piano Perlemuter, Romain Descharmes a donné un récital d'exception, au théâtre de Caen.

Il a eu du mérite. Pourquoi n'a t-il pas bénéficié d'un vrai piano de concert ? De plus, le public, pourtant clairsemé, a déstabilisé l'interprète avec des toux insupportables. Comment jouer Brahms dans cet environnement ? Klavierstücke, op. 118, si difficile à interpréter, révèle des nuances admirables. À la fin du concert, en bis, le pianiste sera obligé de demander, gentiment, le silence pour rejouer un Brahms, sans toux. Navrant !
La sonate D784 de Schubert est exquise de finesse et de puissance. Chopin a une âme, une unité, un lyrisme. Scriabine et son poème satanique op. 36, caracolent et s'enflamment. Un final endiablé, non sans quelques imperfections techniques, vite pardonnées dans un tel contexte !

L'interprétation de la Rhapsodie hongroise n° 2 de Liszt laisse pantois. C'est époustouflant, sans esbroufe, ciselé, bondissant, rugissant. Bientôt en concert au Carnegie Hall à New York, Romain Descharmes mérite un triomphe.

Alain Gergaud, Ouest-France 25 octobre 2007

La symphonie des Champs Elysées !


Au théâtre de Caen, Carolyn Sampson, soprano à la voix des lieder de Richard Strauss : ovation justifiée. Expressivité, prononciation, couleurs vocales servent admirablement les poèmes d'un compositeur de génie. L'orchestre des Champs Elysées, aux sons soyeux des instruments d'époque, valorise une partition, et une interprétation exemplaire. Strauss et Mahler se complètent somptueusement.

La symphonie n° 4 développe un thème se compliquant progressivement. Une symphonie épanouie et mystique qui stimule notre imaginaire. La voix de la soprano évoque le paradis enfantin d'une "vie céleste" au romantisme nostalgique. Philippe Herreweghe donne un éclairage particulier à l'œuvre de Gustav Mahler. Certains s'étonneront du tempo un peu lent qui décortique chaque pupitre de l'orchestre. Cela peut nuire à l'unité de l'œuvre ! D'autres redécouvrent les détails d'une partition ciselée à l'or fin. Sans nul doute, l'ensemble de la soirée impose la suprématie d'un orchestre aux sons superbes qui nous laisse une impression de bonheur. N'est-ce pas là l'essentiel ?

Alain Gergaud, Ouest-France, octobre 2007

Colomer-Walter et l'ensemble des solistes !


Concert à la Renaissance, à Mondeville, dans une salle qui se prête bien à la musique de chambre. Le choix du programme nous éclaire sur la tradition allemande illustrée par Bach. Anton Webern, dans ses variations concertantes, en assure la synthèse. David Walter joue le concerto pour hautbois en ré, de Richard Strauss. L'interprétation est d'une extrême difficulté. Les phrases mélodiques, très longues, demandent un souffle olympique. Le soliste n'a jamais de répit. D. Walter apprivoise et humanise, une véritable partition de concours. Surprenant! Dans le bis, extrait d'un oratorio de Bach, le hautboïste nous émeut. Malher avec son célèbre adagio de la 5e symphonie permet aux cordes de montrer expressivité et homogénéité. Amberto Ginastera (1916-1983), compositeur Argentin, conclu la soirée dans un festival de couleurs et d'instruments solistes. Le cor, la trompette et le trombone, l'alto, la flûte, rivalisent d'interventions joyeuses. Le solo de contrebasse, soutenu par le son cristallin de la harpe, est beau et étonnant. Ginestera se situe entre Stravinsky, (Pulcinella) et Gershwin (un américain à Paris) dans une musique riche qui pourrait inspirer quelques chorégraphes.
La direction d' Edmon Colomer est épanouie. Le courant passe entre l'orchestre et le chef. Une soirée découverte, agréable qui répond bien à la vocation de l'Ensemble de Basse Normandie.

Alain Gergaud, Ouest-France

Edmon Colomer, l'ensemble des couleurs !


Chef d'orchestre Espagnol, fondateur du Joven Orquestra Nacional de Espana en 1983. Il crée l'événement avec des productions d'opéras comme "Macbeth", Wozzeck", "Don Giovanni" ou "Casse Noisette" avec Maurice béjart. Le catalogue de ses enregistrements lui a valu plusieurs prix. Avec l'Ensemble de Basse Normandie, nous découvrons toute une palette sonore. De Bach aux compositeurs du XXe siècle, les musiciens sont tous solistes!

"Je dirige aussi beaucoup de formations comme l'Ensemble. La proposition de Dominique Debart, rechercher des couleurs, me plaisait beaucoup."

Curieux mariage, entre J. S. Bach et Webern? Deux cents ans d'écart? " Ce duo donne un éclairage très intéressant. Webern a révolutionné la tradition. Il respecte totalement Bach en effectuant un travail d'analyse et d'expérience de couleurs sonores. Bach est un pilier, une force, un repère incontournable. D'autres grands compositeurs ont associé Bach à leur recherche comme Alban Berg (1885-1935), Schöenberg (1874-1951). La pointe de la recherche musicale de Bach inspire "Fuga ricerta" de Webern (1883-1945) qui propose une " mélodie de timbres ", éclairant d'un jour nouveau la partition. Un hommage au génie du Cantor de Leipzig."

La soirée se termine avec une œuvre d'Alberto Ginastera (1946-1983), les variations concertantes. "C'est un éclat de couleurs, une force de l'Argentine inspirée de la grande tradition européenne. Sa musique mérite d'être connue. Elle mêle passion et mise en valeur des solistes. Le public a l'opportunité de mieux apprécier des instruments comme le cor, la trompette associée au trombone, un solo de contrebasse, l'alto avec sa force dramatique extraordinaire."
À écouter aussi, G. Malher, Adagio de la 5e et le concerto pour hautbois, (très sollicité), en ré majeur de R. Strauss, avec David Walter. Le fil conducteur? La tradition, au sens vivant du terme.
Ce jeudi soir à Mondeville, 20h 30, La Renaissance. Tarifs : 5 et 14 €.

Alain Gergaud, Ouest-France

1 - Dominique Debart, en photo, Directeur artistique de l'Ensemble de Basse Normandie

Le Grand Prix Perlemuter, révélation unanime avec Romain Descharmes !


Samedi soir au Grand Auditorium de Caen se dispute un autre match, celui de la finale du Grand Prix de Piano. L'Orchestre de Caen, sous la direction de Jean-Louis Basset, joue l'hymne Européen. Effervescence, public attentif et captivé pour écouter Romain Descharmes et François Dumont pour la France, Mariana Izman pour les Pays-Bas…
Le concerto de Schumann Op. 54 ou le N° 4 de Beethoven est au choix des finalistes. Romain Descharmes choisi le n° 4 de Beethoven. Il a raison. C'est somptueux, émouvant, superbe, personnel, toucher soyeux dompté par un interprète rempli d'humanité. La technique est sublimée, prouesse des grands ! Une seule entité se met au service de la musique. La communion est intense. Rien à ajouter à ce pur moment de bonheur, état de grâce. Le vainqueur joue en bis une œuvre d'un compositeur d'aujourd'hui, Frédéric Rozenwsky. Fabuleux morceau de bravoure, entre Stravinsky et Gershwin, la France a gagné son match. Bravo!
Mariana Izmann obtient le deuxième prix. Son Schumann était de toute beauté, le choix de son bis décevant.
François Dumont n'est pas loin derrière sa camarade en jouant Schumann. Il manque un petit supplément d'âme, quelques notes écorchées. Pas de souci à ce faire pour celui qui a déjà obtenu un Diapason d'Or en enregistrant un disque Dusapin-Messiaen (label Triton).
Victtorio Forte, Italie obtient le prix Chopin, parfaitement mérité. Lors de la demi-finale on avait pu apprécier son interprétation de la fantaisie en fa mineur.
Romain Descharmes se voit remettre, sous des applaudissements enthousiastes le Grand Prix Européen Vlado Perlemuter (12000 €,) le Grand Prix Kawaî, en présence de son Président, la promesse d'enregistrer son prochain disque, le Grand Prix de la Ville de Caen. Le public vote pour Romain, l'orchestre aussi. Belle unanimité. Le président du jury, Jacques Rouvier peut se féliciter, avec les autres membres,  (Stéphane Béchy, Jean-François Heisser, Anne Queffelec, Bruno Canino…) de ce palmarès de haut niveau.
Romain Descharmes se produira le samedi 27 ocrobre au Théâtre de Caen, à 20 heures 30. A ne manquer sous aucun prétexte.

Alain Gergaud  Ouest-France 15.10.2007

1 - Vlado Perlemuter en photo


Le vainqueur des trois jurys : Romain Descharmes


Grand Prix Européen de piano décerné à Romain DESCHARMES par le jury de pianistes internationaux, par les musiciens de l'orchestre de Caen et le public.
Unanimité pour saluer un pur moment de bonheur, samedi soir au Grand Auditorium du Conservatoire de Caen.

Un grand du piano est né, bravo?
Concert du vainqueur le samedi 27 octobre au Théâtre de Caen, 20h 30

Né le 26.03.1980, à Nancy, 27 ans. Il s'est produit récemment à Yokoma au Japon, à Londres au Wigmore Hall et à Dublin au National Concert Hall, le 27 octobre au Théâtre de Caen, 20h 30

France - Pays Bas pour le grand Prix européen Perlemuter !


Demi-finale, jeudi et vendredi au théâtre d'Hérouville avec six candidats sélectionnés par un jury constitué de grands pianistes internationaux et du directeur du conservatoire de Caen.

Le public est attentif. On y parle plusieurs langues et nombreux sont les spectateurs curieux et passionnés. L'orchestre de Caen, sous la direction de Jean-Louis Basset se met au service des 6 candidats. La prestation, difficile, est réussie.
Jeudi Emmanuel Christien, 25 ans, France, trac perceptible. Mozart (concerto K 414), jeu en retrait, trop sensible manquant de relief. Délicatesse dans Chopin qui n'est pas Debussy. Ravel convient mieux au pianiste, presque mystique. Il devrait admirablement servir la musique de chambre, Debussy, Duparc ou Fauré… Candidat non retenu.
Romain Descharmes, 27 ans, France, une grande pointure dès les premières mesures du concerto "jeune homme" de Mozart. Il mérite de jouer en finale.
François Dumont, 22 ans, France, le jeu est clair, affirmé et s'il abuse un peu de la pédale droite, la technique dominée, impressionne. Il ira en finale.
La prestation de Mariana Izman, Pays Bas, 27 ans ouvre la soirée de vendredi. Le "jeune homme" est pressé et quelques mesures s'envolent de la mémoire! Dans Chopin et Ravel on aimerait mieux percevoir la ligne mélodique. Pourtant, les soirs précédents la pianiste a distancé tous les autres. Le jury retiendra, fort justement, l'ensemble des auditions et Mariana Izman participera à la finale. Portraits des finalistes dans cette même page.
Jordi Bitlloch, France, 23 ans, n'est pas à l'aise, nerveux, stressé et le "jeune homme", Mozart, a pris un coup de vieux. Ravel réveille enfin le talent de ce pianiste. La maturité viendra. Victtorio Forte, Italie, 30 ans, a déjà du métier. Il s'impose par son jeu clair et Mozart renaît, ça chante et pétille. L'émotion nous prend. La main gauche se détache bien de la main droite et la Fantaisie en fa mineur, op. 49, de Chopin donne le frisson. Jaillissements de notes dans Ravel, touché exemplaire. Pourtant le jury ne retiendra pas le pianiste qui, sans doute, à moins convaincu sur la durée des épreuves. Mais il n'a pas de souci à se faire pour son avenir.
Rendez-vous pour la finale, samedi 13 au Grand Auditorium du Conservatoire, 20 heures.

Alain Gergaud, Ouest-France  13/10/2007

Trio vainqueur au Grand Auditorium du consevatoire de Caen !


Jacques Rouvier Président du jury du Grand Prix Européen de piano a annoncé, jeudi soir, à l'issue de la demi-finale au théâtre d'Hérouville, les noms des trois jeunes finalistes. Ils se retrouveront ce soir à 20 heures au Grand Auditorium du Conservatoire de Caen pour une prestation qui désignera le vainqueur. Portraits de trois jeunes pianistes à l'avenir prometteur.

Honneur aux Pays Bas avec Mariana Izman qui a eu comme Professeur Jacques Rouvier et Murray Perahia, entre autre. Une jeune et belle femme de 28 ans qui s'est déjà produite en concert à Moscou, Vienne, La Haye et Amsterdam… Elle commence le piano en 1985 au Music Academy de Moldova, puis le conservatoire d'Amsterdam où elle obtient plusieurs prix. Silhouette frêle sur la scène, elle impressionne rapidement par son tempérament qui affirme une grande maîtrise de son art. Touché subtil, doigts de fée qui domptent le clavier confirmant bien l'obtention de son Master's degree en 2003.
Grande maturité d'un jeune pianiste français, Romain Descharmes, né à Nancy en 1980. Il a joué, jeudi, un admirable 2e mouvement du concerto de Mozart, dit "le jeune homme". Émotion visible à l'orchestre et dans la salle. Puis, Mozart devient espiègle, vivant, (on pense au film Amadeus). Chopin s'exprime dans un romantisme profond où la palette sonore est riche. Un pianiste qui risque, qui ose, une personnalité se dégage. La virtuosité est complètement dominée. Des grands prix internationaux le confirment, 2005 en Chine, 2006 avec le 1er prix au concours International de Piano Axa de Dublin. On a pu l'entendre en concert au Japon, à Londres, à Dublin. A suivre…
Le benjamin, François Dumont, 22 ans, français né à Lyon, cumule les grands prix. Il a déjà une carrière exceptionnelle avec de nombreux concerts depuis l'annéee 2000 : Lyon, Montpellier, Paris, Théâtre du Châtelet, Gaveau, Festival Chopin de Bagatelle, Steinway de Hambourg. Il vient de sortir un disque récompensé par un Diapason d'Or (Dusapin et Messiaen, sous le label Triton).  Au théâtre d'Hérouville il nous à joué un Mozart clair, affirmé, joyeux, un Chopin avec une maîtrise incontestée et un Ravel aux accents jazz. Là aussi une personalité s'affirme et c'est la marque des grands.
On connaîtra ce soir le nom du vainqueur à l'issue de l'épreuve finale (Schumann et Beethoven, concerto op. 54 et N° 4) et un bis surprise !
Le vainqueur se produira le samedi 27 octobre, à 20 h 30 au Théâtre de Caen.

Alain Gergaud, Ouest-France  13.10.2007

1 - Jacques Rouvier en photo


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